Le 27 janvier, Wolfgang Amadeus Mozart célébrait son trente-cinquième et dernier anniversaire. Seul, fatigué, malade et sans le sou, il composa, pour quelques florins, trois opéras et plusieurs pièces.
Créations
« Il travaillait tant et si vite qu'il semblait vouloir mettre un terme aux angoisses du monde matériel en se réfugiant dans les créations de son esprit. Il se surmenait tant qu'il n'oubliait pas seulement tout l'univers autour de lui, mais sa fatigue même ; - tout à coup il tombait sans force et il fallait le porter sur son lit. »
Nissen
Mozart est mort à Vienne, à minuit 55 minutes, le lundi 5 décembre 1791.

Par un temps doux et brumeux, les derniers hommages rendus à Wolfgang furent un bref service religieux sans musique, un convoi de troisième classe et la fosse commune.
Il quitta notre monde en laissant derrière ses oeuvres encore incomprises, sa femme et ses deux fils, Karl Thomas et Franz Xaver qui moururent sans descendance. Avant la fin de ses jours, Constance bénéficiera de revenus substantiels provenant des oeuvres de son mari et mourra riche.
Regrets
« J'ai été longtemps hors de moi par la mort de Mozart ; je ne pouvais croire que la Providence ait rappelé si tôt dans l'autre monde un homme irremplaçable. Par-dessus tout, je regrette que Mozart n'ait pas eu avant de mourir l'occasion de convaincre les Anglais, qui l'ignorent encore, de la vérité que je leur prêche quotidiennement. »
Joseph Haydn
En mars, il s'associa à Schikaneder et réalisa La Flûte enchantée, un opéra allemand destiné à un théâtre populaire du faubourg. Cette oeuvre colorée, attendrissante, drôle et magique, décrit les étapes menant à l'accomplissement de soi à travers des personnages évoluant à des degrés différents d'angoisse et de résolution.
Au cours de l'été, il composa l'Introït de son Requiem.
En septembre, il réalisa en dix-huit jours son opéra La Clemenza di Tito, destiné aux célébrations solennelles du couronnement de Léopold II.
Ses derniers instants furent consacrés à l'achèvement du Requiem.
| K.429 | Cantate maçonnique : "Dir, Seele des Weltalls" (à toi, âme de l'univers, ô soleil), en Mi Bémol Majeur |
| K.595 | Concerto pour piano No 27 en Si Bémol Majeur |
| K.596 | "Sehnsucht Nach dem Frühlinge" (aspiration au printemps), Lied en Fa Majeur |
| K.597 | "Im Frühlingsanfang" (Quand vient le Printemps), Lied en Mi Bémol Majeur |
| K.598 | "Das Kinderspiel" (Le jeu d'enfants), Lied en La Majeur |
| K.599 | Six menuets : 1 en Ut, 2 en Sol, 3 en Mi Bémol, 4 en Si Bémol, 5 en Fa, 6 en Ré |
| K.600 | Six Allemandes : 1 en Ut, 2 en Fa, 3 en Si Bémol, 4 en Mi Bémol, 5 en Sol, 6 en Ré |
| K.601 | Quatre menuets : 1 en La, 2 en Ut, 3 en Sol, 4 en Ré |
| K.602 | Quatre Allemandes : 1 en Si Bémol, 2 en Fa, 3 en Ut, 4 en La |
| K.603 | Deux contredanses pour orchestre |
| K.604 | Deux menuets : 1 en Si Bémol, 2 en Mi Bémol |
| K.605 | Trois Allemandes : 1 en Ré, 2 en Sol, 3 en Ut |
| K.607 | "Il Trionfo delle Donne" (le triomphe des dames), Contredanse pour orchestre en Mi Bémol Majeur |
| K.608 | Fantaisie No 2 pour orgue mécanique en Fa Mineur |
| K.609 | Cinq contredanses pour orchestre |
| K.610 | "Les filles malicieuses" (ou "Les joueurs de Musette"), Contredanse pour orchestre en Sol Majeur |
| K.612 | Aria "Per Questa Bella Mano" Pour basse en Ré Majeur |
| K.613 | Huit variations pour piano sur un thème de Schack, en Fa Majeur |
| K.614 | Quintette à cordes No 7 en Mi Bémol Majeur |
| K.617 | Quintette pour harmonica, flûte, hautbois, alto et violoncelle |
| K.618 | "Ave Verum", Motet pour quatre voix, en Ré Majeur |
| K.619 | "Une petite Cantate allemande" pour un soprano avec accompagnement de piano, en Ut Majeur |
| K.620 | "Die Zauberflöte" (La Flûte enchantée), grand opéra |
| K.621 | "La Clemenza di Tito", Opera-seria (Ouverture en Ut à un morceau - Deux Actes en 26 numéros) |
| K.621a | Aria : "Io ti Lascio, o Cara, Addio...", pour basse, en Mi Bémol Majeur |
| K.622 | Concerto pour clarinette, en La Majeur |
| K.623 | "Das lob der Freundschaft" (L'éloge de l'amitié), Cantate maçonnique en Ut Majeur |
| K.623a | Lied maçonnique : "Lasst uns mit Geschlungnen Haenden" (Enlaçons nos mains), en Fa Majeur |
| K.626 | Messe de Requiem No 17 en Ré Mineur |
Gaîté d'enfant
« Tu ne peux croire combien, ces temps-ci, le temps m'a duré loin de toi !... Je ne puis t'expliquer mon impression : c'est une espèce de vide... qui me fait très mal, une certaine aspiration qui n'est jamais satisfaite et ne cesse donc jamais.... qui dure toujours et même croît de jour en jour. - Quand je pense avec quelle gaieté d'enfant nous avons passé le temps ensemble à Baden... et quelles tristes, ennuyeuses heures je vis ici ! ... Qu'une heure vienne où mon affaire ait son terme, et l'heure suivante on ne me trouvera plus ici. »
Mozart à Constance
Le goût de la mort
« J'ai déjà le goût de la mort dans la bouche, je sens la mort, et qui assistera ma bonne Constance, si vous ne restez pas là ? »
Mozart mourant