À Vienne, tout s'écroule autour de Mozart : ses oeuvres ne valent que quelques florins pré-hypothéqués auprès de ceux qu'il appelait ses amis.
Fatigué, malade, il n'en réalise pas moins une musique qui tranche par la tranquille intensité des émotions qu'elle véhicule.
« Si les gens pouvaient voir dans mon coeur, je rougirais presque. Tout est froid comme glace... Les aimables manières des gens à mon égard me paraissent si vides ! »
Mozart, 23 septembre 1790
En février 1790, alors que la Révolution faisait rage en France, Léopold II succédait à son frère sur le trône d'Autriche. Sous ce nouveau règne, Mozart, auteur des Noces de Figaro, fut tenu à l'écart et vit ses revenus réduits à quelques florins reçus de-ci de-là. En septembre, il défraya les frais d'un voyage à Francfort afin d'assister au couronnement auquel il n'était pas convié, malgré sa charge à la Cour. Ce voyage eut été nul s'il n'était arrêté à Mannheim où avait lieu la première de ses Noces de Figaro et où il comptait plusieurs amis.
En octobre, faute de moyens financiers, il dut refuser la place de compositeur, offerte par le directeur de l'Opéra italien à Londres.
« Tout me serait en aide à l'heure qu'il est... »
Mozart
Dans l'opéra Cosi fan Tutte, le verbe aimer se conjugue a priori, selon l'étiquette traditionnelle : deux couples d'amoureux croient avoir scellé sa conjugaison jusqu'à la fin des temps. Grâce à un subterfuge, ils lui découvriront un sens différent.
L'opéra introduit un scénario tragi-comique dans lequel les sentiments évoluent de l'affectation candide vers l'incertitude puis l'acceptation.
« Dans quel cruel contraste, dans quel désordre de pensées et de sentiments je me retrouve ! Tellement insolite et nouveau est mon cas que ni les autres, ni moi-même ne suffisent à me conseiller... »
Récitatif de Ferrando, Cosi fan Tutte
| K.312 | Allegro pour piano en Sol Mineur |
| K.588 | Cosi Fan Tutte, Ossia : La Scuola degli Amanti (Ainsi font-elles toutes ou l'école des amants), opera-buffa |
| K.589 | Quatuor à cordes No 22 en Si Bémol Majeur - Second des trois quatuors destinés au roi de Prusse |
| K.590 | Quatuor à cordes No 23 en Fa Majeur - Dernier des trois quatuors destinés au roi de Prusse |
| K.591 | Réinstrumentation de "La fête d'Alexandre" de Haendel |
| K.592 | Réinstrumentation de l'"Ode pour le jour de Sainte Cécile" de Haendel |
| K.593 | Quintette à cordes No 6 en Ré Majeur |
| K.594 | Fantaisie No 1 pour orgue mécanique en Fa Mineur |
| K.625 | Duo : "Nun Liebes Weibchen", pour soprano et basse, en Fa Majeur |
Alors que l'influence de l'oeuvre mozartienne suscitait l'admiration et l'envie chez les uns, elle faisait frémir les autres.
Or, en cette ère de profonde remise en question des libertés humaines, le petit Mozart faisait trembler les plus grands.
Dans ces conditions, comment aurait-il pu poursuivre tranquillement sa route sans risquer d'être bâillonné ?
« Il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne soit pas une inconséquence dangereuse. »
Louis XVI