Depuis ce jour où l'amour s'installa dans le coeur de Wolfgang, ses intérêts furent transcendés. Désormais, les désirs et les ordres de son père passaient au second rang des priorités : Aloysia Weber occupait une trop grande place. Sa voix merveilleuse, son charme l'avaient conquis pour l'éternité.
Amoureux, Wolfgang projeta un voyage en Italie, en compagnie de la famille Weber. Toutefois, il dut se plier aux désirs de son père et transgresser les siens en se rendant plutôt à Paris avec Anna-Maria, sa mère qui rendit l'âme dans leur petit appartement parisien.
Les bénéfices de ce voyage s'avérant insuffisants, Leopold pressa Wolfgang de revenir à Salzbourg et d'entrer au service de l'archevêque Colloredo. Cette perspective était loin d'enchanter son fils.
« ... je souhaite si fort être dans une situation telle que je n'aie plus à penser à personne, et que nous soyons tous très bien établis ; aussi dans cette griserie j'ai totalement perdu de vue... de vous rendre compte de ce que j'avais fait pour le moment. »
Mozart
La sonate pour piano en La Mineur (K. 310) a été composée en mai 1778 dans un sentiment de rejet.
Autant, 15 ans plus tôt, Paris débordait d'engouement et d'éloge pour le jeune Mozart, autant elle était maintenant indifférente, voire inhospitalière. Mozart déteste Paris et le mouvement rapide et agité de cette sonate qui côtoie l'exaspération le reflète bien. Mozart est meurtri et il saisit son langage musical pour exprimer cet état de l'irréparable dans l'obsession d'un thème rythmique acharné.
En 1778, c'est de Mannheim, Paris et de Munich que Mozart composa ses oeuvres dont certaines taillées sur mesure pour des personnes ou des circonstances particulières. L'une de ces personnes fut Aloysia Weber dont Mozart était amoureux.
| K.212 | Quatuor à cordes en La Majeur |
| K.264 | Neuf variations pour piano en Ut Majeur, sur l'air : "Lison dormait..." |
| K.265 | Douze variations pour piano en Ut Majeur, sur l'air : "Ah, vous dirais-je, Maman" |
| K.285a | Quatuor pour flûte, violon, alto et violoncelle en Sol Majeur |
| K.285b | Quatuor pour flûte, violon, alto et violoncelle en Ut Majeur |
| K.294 | Récitatif en Si Bémol Majeur : "Alcandro, Lo Confesso..." et Aria en Mi Bémol Majeur : "Non so d'Onde Viene..." - Pour Soprano - Pour Aloysia Weber |
| K.295 | Récitatif en Si Bémol Majeur : "Se Al Labbro Mio..." et Aria en Sol Mineur : "Il Cor Dolente..." - Pour Ténor - Pour Anton Raaf |
| K.296 | Sonate No 24 pour piano et violon en Ut Majeur |
| K.297 | Symphonie No 31, dite "De Paris" en Ré Majeur |
| K.297a | Huit morceaux insérés dans un "Miserere" de Holzbauer |
| K.297b | Symphonie concertante pour flûte (ou clarinette), hautbois, cor et basson, en Mi Bémol Majeur |
| K.299 | Concerto pour flûte et harpe en Ut Majeur, pour le duc De Guisnes et sa Demoiselle |
| K.299b | Musique d'orchestre pour "Les Petits Riens", Ballet de Noverre |
| K.301 | Sonate No 25 pour piano et violon en Sol Majeur |
| K.302 | Sonate No 26 pour piano et violon en Mi Bémol Majeur |
| K.303 | Sonate No 27 pour piano et violon en Ut Majeur |
| K.304 | Sonate No 28 pour piano et violon en Mi Mineur |
| K.305 | Sonate No 29 pour piano et violon en La Majeur |
| K.306 | Sonate No 30 pour piano et violon en Ré Majeur |
| K.308 | Ariette pour soprano en La Bémol Majeur : "Dans un bois solitaire...", Pour Augusta Wendling, avec accompagnement de piano |
| K.310 | Sonate No 8 pour piano en La Mineur |
| K.311a | Ouverture en Si Bémol Majeur |
| K.313 | Concerto pour flûte en Sol Majeur |
| K.315b | Scène dramatique pour le castrat Tenducci |
| K.315e | "Sémiramis", Mélodrame |
| K.315f | Début de l'Allegro d'un Concerto pour piano et violon en Ré Majeur |
| K.316 | Récitatif en Ut Mineur : "Popoli di Tessaglia..." et Aria en Ut Majeur : "Io Non Chiedo..." pour Soprano - Scène dramatique d'"Alceste", pour Aloysia Weber |
| K.322 | Kyrie en Mi Bémol Majeur |
| K.330 | Sonate pour piano No 10 en Ut Majeur ( * ) |
| K.331 | Sonate pour piano No 11 en La Majeur ( * ) |
| K.332 | Sonate pour piano No 12 en Fa Majeur ( * ) |
| K.333 | Sonate pour piano No 13 en Si Bémol Majeur ( * ) |
| K.353 | Douze variations pour piano en Mi Bémol Majeur, sur l'air de "La belle Française" |
| K.354 | Douze variations pour piano en Mi Bémol Majeur, sur l'air "Je suis Lindor" |
| K.395 | Prélude-Capriccio pour piano en Ut Majeur, pour la fête de Nannerl |
| K.486a | Récitatif en Mi Bémol Majeur :"Basta, Vincesti..." et Aria en Ré Majeur : "Ah, non Lasciarmi..." - Pour Soprano - Pour Dorothea Wendling |
| ( * ) | La création de cette oeuvre est traditionnellement attribuée à 1778. Aujourd'hui, musicologues et historiens semblent plutôt faire consensus pour 1783... |
« Les gens nobles ne doivent se marier ni suivant leur goût ni par amour, mais seulement par intérêt et avec toutes sortes de considérations annexes ; il ne siérait pas à des personnes aussi hautes d'aimer encore leur femme après qu'ils aient fait leur devoir et leur aient donné un gros héritier. Mais nous, pauvres gens de la canaille, nous ne sommes pas seulement obligés de prendre une femme que nous aimions et qui aime, mais encore nous nous en arrogeons le droit, nous pouvons et nous voulons en prendre une qui soit belle, car nous ne sommes ni nobles, ni hautement bien nés, ni gentilshommes, ni riches, mais tout à fait de basse extraction, méchante et pauvre, et nous n'avons par conséquent aucun besoin d'une femme riche. Notre richesse s'éteint avec nous, parce que nous l'avons dans la tête ... et celle-là, aucun homme ne peut nous la prendre, à moins qu'on ne nous coupe la tête, et dans ce cas - - nous n'avons plus besoin de rien. »
Mozart à son père, depuis Mannheim, le 7 février 1778.