Yi king - Concept

 

Le Yi King

…en quelques mots

Le Yin et le Yang

L’univers est construit sur des dualités : positif et négatif, lumière et obscurité, chaud et froid, présence et absence, etc. Le Livre des transformations, Yi King en chinois, est une appréhension de cet univers en ses éléments les plus fondamentaux que sont le Yang et le Yin. Yang signifie positif, lumière, chaud, présence alors que Yin représente le négatif, l’obscurité, le froid, l’absence…

Il n’y a pas de connotation de bien ou de mal qui puisse être rattachée aux éléments du Yang ou du Yin. Il s’agit plutôt d’un antagonisme qui est source d’équilibre de toute chose. Aucun élément n’est parfaitement Yang ni parfaitement Yin.

À l’instar des pôles d’un aimant, Yang repousse Yang, Yin repousse Yin, Yang attire Yin et Yin attire Yang.

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Trigrammes

En Chine, Il y a quelques 3 000 ans, les sages étaient sollicités afin d’éclairer le gouvernement, les artistes ainsi que les gens ordinaires. À l’origine, leurs réponses se traduisaient souvent par un simple « oui » ou « non » devenant alors l’assise de réflexions destinées à comprendre le verdict. Le Yi King trouve ici ses fondements.

Plus tard, on détermina qu’une réponse plus discriminée éclairerait davantage. Graduellement, on s’avisa que les réparties alors binaires seraient désormais constituées de trois traits muables formant un trigramme  (voir ci-contre).

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Hexagrammes

Poussant l’exercice vers une particularisation accrue, le trigramme fut doublé de façon à obtenir un hexagramme   (voir ci-contre) ; soit ces six traits, base du Yi King depuis plusieurs siècles. Les diverses combinaisons de traits pleins et brisés laissent donc soixante-quatre variantes possibles d’hexagrammes.

Chaque trait représente oui ou non selon qu’il soit plein ou brisé. Un trait plein (oui) a une allégeance Yang alors qu’un trait brisé (non) est, de façon prévisible, subordonné au Yin.

Certains auront déjà établi un lien entre cette logique binaire et celle sur laquelle repose le fonctionnement de nos ordinateurs. Pour parodier l’extrait du Tao Te King présenté ci-dessous à gauche , on pourrait énoncer :

Le Tao engendre Un.
Un engendre Deux.
Deux engendre Trois.
Trois engendre tous les êtres du monde.

Tao Te King, Chapitre 42

     Le Tao engendre Un
Un engendre Oui et Non.
Oui et Non engendrent des Octets.
Les Octets engendrent toutes les applications du monde.

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Transformation du trait

Les traits que renferme un trigramme ou un hexagramme ne sont qu’une photographie, un instantané d’un moment précis. Un trait plein est susceptible de devenir brisé l’instant qui suit et vice-versa si des forces concourent à cette faiblesse du trait. L’intemporalité d’un trait, et donc des trigrammes et hexagrammes qui en découlent, ne font que refléter ce flot perpétuel de la vie qui, à l’instar de l’eau, danse parmi les éléments en adoptant la ligne de la moindre résistance.

Le Yi King n’est pas familier qu’avec 1 et 0, oui et non, ou Yang et Yin (il en est d’ailleurs à l’origine). Il admet également le concept du peut-être. C’est-à-dire qu’un trait plein, par exemple, peut ne pas être entièrement Yang. Le centre d’un tel trait se voit habituellement recouvrir d’un cercle pour le distinguer des autres traits pleins à caractère plus décisif. Quant au trait Yin penchant vers son opposé, l’espace laissé entre les deux petits traits (ce qui constitue un trait dit brisé) est meublé d’un signe en forme de « x ». Un trait plein ou brisé qui penche ainsi vers son opposé est dit muable. Sans savoir de façon claire et absolue si elle réussira, une force quelconque pousse donc ce trait à se muer en son opposé.

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Assises historiques

Plus qu’un outil interactif de sagesse, il faut savoir que le Yi King renferme avant tout un corps textuel dont la somme philosophique a littéralement exercé, dans les méandres de la vie chinoise, une poussée de sève à la fois morale et métaphysique. L’essence de cet ouvrage littéraire est traditionnellement attribuée au roi Wen Wang, il y a quelque mille ans. Il reviendrait à ce dernier d’avoir rattaché à chacun des 64 hexagrammes un sens, un jugement plus précisément, et à son fils, le duc de Tchéou, d’avoir particularisé la signification de chaque trait. C’est probablement dans cet état que Confucius découvrit plus tard le Yi King et y apporta des commentaires.

Le long parcours du Yi King n’était pas terminé pour autant. Sous Tsin Cheu Houang, l’ouvrage projeta une aura de mysticisme, de divination et de magie. On le surchargea d’explications. Finalement, vers l’an 240 de notre ère, le sage Wang Pi y fit le grand nettoyage attendu. Le Yi King retrouva ainsi ses dimensions de sagesse et perdit ses connotations de magie.

Encore de nos jours, dans cette vision colorée de bannières et d’enseignes de bois recouvrant les immeubles chinois, on peut y lire des pensées imprégnées de citations et d’enseignements issus de ce corpus.

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