Biographie d'Arthur Rimbaud présentée par origaNo

Rimbaud - Biographie

 

Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud

Celui qui bouleversa l’univers des mots et des rimes fut grand, jeune et rebelle, admiré puis rejeté, oublié puis ressuscité. Il orchestrait les rimes au rythme de ses sensations et assignait leurs couleurs aux voyelles.

Lorsqu’il en eut terminé avec les mots, ses semelles foulèrent le sable moyen-oriental où il poursuivit sa quête de l’inaccessible présent là-bas.

Incompris et impénétrable par ses contemporains, il le demeure après que les sabliers aient été mille fois retournés.

Il aurait pu briller au firmament de la poésie et pourtant, il demeure une étoile filant à toute allure vers l’inconnu. Nous le connaissons à travers les traces d’encre qu’il a jetées sur le papier les jours où il croyait encore à un brin d’humanité.

Lorsqu’il en eut terminé avec la rime et le verbe français, il partit sur les grands chemins à la recherche de l’inconnu où tempêtes, guérillas, vents, montagnes, vallées, forêts et déserts n’eurent jamais raison de ses pas.

Arthur Rimbaud

Jean Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville, d’une mère autoritaire et d’un père capitaine qui abandonna sa famille alors que le jeune Arthur avait 4 ans. Le jeune Arthur fut très doué et a remporté plusieurs prix à son école. Il dévorait livres sur livres et noircissait les pages blanches de ses poèmes en latin et en français. Étrangement, il semble que sa mère et sa soeur n’aient compris l’importance de son oeuvre que très tard, trop tard.

À 16 ans, le 25 novembre 1870, il publiait sous le pseudonyme de ‘Jean Baudry’ un récit satirique, Le Rêve de Bismarck dans la revue régionale Le progrès des Ardennes.

À 17 ans, il fut accueilli parmi les poètes parisiens qui se cotisaient pour le nourrir et l’héberger : il était

grand, bien bâti, presque athlétique, au visage parfaitement ovale d’ange en exil, avec des cheveux châtain-clair mal en ordre et des yeux d’un bleu pâle inquiétant. Ardennais, il possédait, en plus d’un joli accent de terroir trop vite perdu, le don d’assimilation prompte propre aux gens de ce pays là, — ce qui peut expliquer le rapide dessèchement, sous le soleil bête de Paris, de sa veine, pour parler comme nos pères dont le langage direct et correct n’avait pas toujours tort, en fin compte !

À 21 ans, il écrivait son dernier poème et se tournait vers l’Ailleurs.

Par la suite, il entreprit diverses aventures en Afrique et en Arabie, souvent à pied. Nous pouvons suivre sa trace à travers la correspondance qu’il a entretenue avec sa mère et sa soeur.

Toutefois, les pensées et les passions rimbaldiennes de cette époque nous échappent. Les mots qu’il a transmis aux siens sont bien superficiels quant à son essence ultime. Les routes, on sait, le génie, aussi, mais il demeure une énigme que seules des recherches dans ces pays pourraient mettre en lumière.

Il est d’ailleurs pensable que Rimbaud ait laissé des écrits qui eussent enchanté les peuples de ces contrées d’autant plus que la langue arabe danse naturellement lorsque couchée sur le papier…

Pour apprécier la poésie de Rimbaud, découvrez ses plus beaux textes présentés sur nos pages.
 

Lexique

Charleville
De nos jours, Charleville-Mézières : ville de l’est de la France, nichée dans les Ardennes, près de la Meuse, à proximité de la Belgique. Rimbaud y vit le jour et y fut inhumé 37 ans plus tard.

À la fin du XXe siècle, sa population était inférieure à 60 000 habitants.

Essence ultime
À Harar, où Rimbaud séjourna en 1880 et 1890, une rue nommée Arthur Rimbaud témoigna de son passage jusqu’à la révolution éthiopienne en 1974.

Les historiens supposeront qu’il y fut reconnu grâce à ses activités commerciales. Nous pouvons aussi croire qu’Arthur avait le don de ne pas laisser les autres indifférents… Une petite enquête sur les lieux nous révélerait peut-être des surprises… Qui sait ?

Rimbaud et la langue arabe
Selon le Marseillais Jules Borelli, premier explorateur des provinces du Sud (pays Amhara, Oromo, Sidama), Rimbaud connaissait l’arabe, l’amarigna et l’oromo, était infatigable et meilleur homme de science que lui…
Soeur de Rimbaud
Rimbaud mourant par Isabelle Rimbaud, 1891 (bleuté) Isabelle Rimbaud (1860-1917) n’apprend qu’à la mort de son frère qu’il a écrit des poèmes. Elle confiera : « Sans les avoir jamais lues, je connaissais ses oeuvres. »

Parmi les correspondances connues de Rimbaud, plusieurs sont échangées avec sa mère et sa soeur. C’est Isabelle qui écrivit la dernière lettre de son frère le 9 novembre 1891. Elle recueillit ses dernières paroles le lendemain avant le soleil de midi. Isabelle serait la dernière personne à avoir dessiné son frère. Elle en a fait un portrait alors qu’il était mourant. Voir ci-contre.

Verlaine
Paul Verlaine, 1896 par Frédéric-Auguste Cazals dessiné lors de la mort de l'auteur (bleuté) Paul-Marie Verlaine (30 mars 1844 – 8 janvier 1896), Ardennais et fils de capitaine, comme Rimbaud, fut son protecteur et son ami intime durant trois années qui ont à jamais transformé la vie des deux hommes et le visage de la poésie française.

C’est vers Verlaine qu’Arthur se tourne depuis Charleville pour devenir poète. C’est Paul Verlaine qui le reçoit à bras ouvert à Paris et qui partira avec lui sur les routes, délaissant femme et enfant. C’est la passion de Verlaine pour le jeune Arthur qui le conduira sous les verrous (1873).

Verlaine, qui fut sacré prince des poètes en 1893, n’a jamais pu éteindre cette flamme qui le consumait : « Mortel, ange ET démon, autant dire Rimbaud,… Ah, mort ! vivant plutôt en moi de mille feux », écrira-t-il à son sujet, près de vingt ans après l’avoir quitté.

Verlaine fut aussi celui qui s’est dévoué pour faire publier les textes de celui qu’il a tenté en vain d’oublier !

 

Bibliographie