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La terre, notre hôte

 
La Terre est issue d’une longue lignée dont la postérité est supérieure à tout ce qu’il est possible d’imaginer. Les plus savants d’entre nous se perdent en conjectures quant à ses aïeuls plausibles.

D’après leurs calculs, il faudrait que le Soleil voyage 100 mille fois plus vite pour visiter en une année la centaine de milliards de royaumes de ses frères situés dans la Voie lactée. La visite de ses cousins des galaxies voisines nécessiterait davantage de temps que notre éternité nous permet d’imaginer.

À l’échelle des astres, les festins se prolongent de telle sorte que les convives ont tendance à oublier leurs statuts d’origine et s’installent à demeure chez leurs hôtes. Ces alliances sidérales semblent s’organiser derrière un voile noir dont la nature échappe à l’intelligentzia terrestre. Il est ainsi peu souhaitable que le Soleil visite ses proches parents. Notre planète et ses soeurs en sont conscientes. C’est pourquoi, à l’instar du Soleil et de ses frères, elles conservent un espace entre elles suffisamment grand pour maintenir leurs autonomies respectives et se partager les bienfaits des rayons lumineux.

…le peuple terrestre demeure un passager temporel bien éphémère et insignifiant…

Maricler

Plusieurs festins au cours desquels les invités se sont écorchés, brûlés, amalgamés jusqu’à devenir une boule de roche en fusion dans l’espace tournoyant autour du Soleil sont à l’origine de la Terre. Après une enfance mouvementée et agitée, son épiderme fut longtemps la proie d’éruptions qui ont mis des millénaires à se cicatriser et qui ont marqué sa chair à jamais. Les premières pluies qu’elle a connues étaient acides et s’adoucirent à mesure que ses éruptions diminuaient. Lorsqu’elle se fut assagie et apaisée, la vie s’y installa.

Par la suite, plusieurs espèces, les unes après les autres, ont piétiné et ont cru posséder le sol duquel ils sont surgis jusqu’à ce que tragiquement pour

les unes et évolutivement pour les autres, elles disparaissent et soient remplacées par des êtres dotés d’attributs qui faisaient défaut aux précédents.

Dans cette longue saga, le peuple terrestre demeure un passager temporel bien éphémère et insignifiant aux yeux du grand manitou céleste. Les causes et les buts de notre brève figuration dans nos rôles de convives de la planète Terre, demeurent à ce jour un des plus anciens mystères non encore élucidés. Notre seule certitude réside dans le fait qu’il s’agit d’un simple passage et que nous ignorons l’allure des prochains invités sur le sol que nous empruntons et que nous laisserons à ceux qui viendront.